Conservation, restauration et mise en valeur

Conservation

Conservation de la fontaine dorique (O. Henry, 2019)

Depuis 2013, plusieurs projets de mise en valeur et de restauration ont été mis en chantier. Ainsi, outre la mise en place en 2018 d’une station de travail dédiée à la restauration d’objets métalliques, trois programmes de conservation architecturale ont été mis en place: la conservation des marbres de Labraunda, la consolidation de l’andrôn A, la restauration de la fontaine dorique et la conservation du bâtiment des oikoi.
Les premiers sont peu nombreux et mal conservés. Mis au jour pour la plupart depuis près de 70 ans, ces blocs d’architecture et inscriptions sont laissés à la merci des intempéries, souvent violentes dans ce contexte montagneux. Les blocs subissent en outre les attaques des mousses et lichens qui accélèrent leur détérioration. À ce jour, nous avons pu traiter quatre-vingt de ces blocs.
Quant à l’andrôn A, cette ancienne salle de banquet monumentale, érigée par Idrieus vers 350 av. J.-C., est le bâtiment le plus emblématique du site avec une élévation conservée de près de 10m. Or, l’abandon du site pendant près d’un millénaire associé au milieu végétal dense ont causé la destruction partielle de ses murs, fragilisant l’ensemble de la construction. En 2013, nous avons lancé un programme d’étude de faisabilité d’une consolidation de ce mur, ainsi que de l’ensemble du bâtiment, en association avec l’Université de METU d’Ankara. Cette étude est achevée et nous sommes à la recherche d’un financement spécifique afin de passer à la phase de réalisation.
La fontaine dorique est une fontaine monumentale tétrastyle in antis dont l’histoire est particulièrement riche. Erigée au IVe s. av. J.-C. par Idrieus, elle fut réaménagée au 1er s. de notre ère à l’occasion de la construction des bains est. Après des fouilles menées en 1951, le bâtiment avait été laissé à l’abandon, et son bassin complètement remblayé. En 2017, nous avons procédé au re-dégagement de l’ensemble des structures et à la restauration d’une partie du sol. Ces travaux se sont poursuivis en 2019 et devrait nécessiter deux saisons supplémentaires.
Enfin, nous espérons pouvoir entreprendre rapidement la conservation du bâtiment des oikoi, trésor du sanctuaire de Zeus Labraundos érigé par Idrieus autour de 350 av. J.-C. Il s’agira non seulement de procéder à l’anastylose de la façade en marbre, mais aussi de conduire un programme de conservation global de la structure.
Enfin, la mise en place d’un laboratoire de traitement des métaux a été l’occasion d’élaborer un programme de formation des étudiants turcs aux problématiques et aux techniques de conservation et de préservation de ce matériel.

Restauration

restauration

Le laboratoire d’évaluation et de restauration du matériel métallique (O. Henry, 2019)

Grâce à la mise en place d’un laboratoire de campagne en 2018, destiné à l’analyse, l’évaluation et la conservation des objets métalliques nous sommes désormais en mesure de traiter ce matériel sur le site même. Par ailleurs, l’ensemble du dossier métallique de Labraunda fait l’objet d’une étude détaillée qui s’accompagne d’opérations de restauration et de stabilisation des objets les plus corrodés.

Mise en valeur

Mise en valeur de la dédicace architravale du bâtiment des oikoi (O. Henry, 2017)

Plusieurs programmes de mise en valeur du sanctuaire ont été développés simultanément. Le premier vise à implanter sur le site des panneaux d’information pour les visiteurs. À ce jour, près d’une trentaine de panneaux bilingues comportant un texte explicatif et des illustrations ont été placés à proximité des bâtiments les plus importants. Afin de répondre à la nouvelle législation locale, l’ensemble des panneaux doivent être changés.
De nombreux bâtiments fouillés depuis le début des recherches nécessite un intervention urgente. Dans l’immédiat, nous nous efforçons de procéder à un nettoyage systématique suivi d’une protection des sols (à l’image du bâtiment tétraconque en 2018 ou des propylées Y en 2019).
Au cours des premières fouilles du sanctuaire, les remblais des fouilles étaient systématiquement rejetés à l’entrée du site. Depuis 2012, nous nous efforçons, chaque année, de procéder à l’enlèvement d’une partie de ces remblais. Il s’agit d’un travail ingrat, car il ne présente qu’un intérêt scientifique restreint en l’absence de stratigraphie, même si ces terres révèlent un matériel relativement important et nécessitent donc un tamisage systématique.
Enfin, compte tenu de la faible quantité des marbres conservés sur le site, il nous est impossible de procéder à des travaux d’anastylose pour la plupart des bâtiments (à l’exception du bâtiment des oikoi). Nous avons donc débuté un travail de modélisation tridimensionnelle des bâtiments du site, dont nous espérons pouvoir effectuer sous peu une première impression tridimensionnelle au 1/20e afin de présenter aux visiteurs du site ces structures dans leur état et leur contexte originaux. Cette mise en place s’inscrit dans un projet général d’aménagement du site, projet qui comptera notamment la mise en place d’un parcours du visiteur.