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Bains Est

Le caldarium des bains est (O. Henry, 2016)

Sur l’esplanade des propylées, les grandes fouilles de 1951 et 1953 avaient révélé les premiers indices d’un ensemble de vestiges situé immédiatement à l’est de la Doric House. La mise au jour de trois inscriptions mentionnant la dédicace d’un balaneon et d’un apodytarium accréditait, à cet endroit, la présence de thermes, construits vraisemblablement à l’époque romaine. L’exemplaire qui est aujourd’hui conservé à l’entrée de la salle nord évoque un don des bains par un certain Tiberios Klaudios Menelaos.

[ΘEOIΣ ΣEBAΣTOIΣ KAI ΔII ΛABPAIYNΔΩI ΣΩT]HPI KAI TΩ ΔHMΩI [TIBEPIOΣ KΛAYDIOΣ XPYΣAOPOΣ YIOΣ KYPEINA M]ENEΛAOΣ TO BAΛANHON [KAI AΛΛA (?) EK TΩN IΔIΩN ANEΘHK]EN

[Aux dieux Auguste, à Zeus Labraiundos Sauveur] et au peuple, [Tiberios Klaudios, fils de Chrysaor, de la tribu Quirina] Menelaos [dédie] le bain [et les autres objets (?) par ses propres moyens

Grâce aux travaux menés sur ce complexe depuis 2014, nous connaissons mieux, désormais, l’histoire des Bains Est.

Cette dernière s’inscrit dans le cadre plus large de l’entrée du site, à l’échelle d’un quartier important, qui est, notamment, bordé au sud et à l’est par deux propylées monumentaux. Si la construction du premier état des Bains date de la seconde moitié du Ier s. apr J.-C., l’emplacement concerné n’était pas, pour autant, resté inoccupé dans les temps plus anciens. En effet, des soubassements en grand appareil, visibles sur une partie des élévations des pièces chaudes témoignent de l’existence d’un bâtiment plus ancien, construit au cours de l’époque hellénistique.

Après l’ouverture du premier établissement, plusieurs aménagements et embellissements sont venus s’ajouter au plan initial du complexe. Dans le courant du IIème s., on bâtit notamment, côté nord, une grande salle au sol de marbre, traduisant ainsi une volonté de monumentaliser l’espace d’accueil. L’édifice balnéaire, dans son état le plus abouti, couvrait une surface proche de 600 m2. Il offrait de la sorte un parcours basé sur une succession d’espaces plus ou moins chauffés, en mesure de répondre aux attentes d’un baigneur de ce temps.

Ainsi, une fois dévêtu dans le vestiaire, ce dernier traversait un pédiluve qui ouvrait l’accès à une salle tiède (tepidarium). De là, après des premiers soins d’hygiène, il poursuivait vers l’étuve de sudation (laconicum). Enfin, la dernière salle chaude (caldarium), la plus grande, offrait des équipements permettant de pratiquer des ablutions et des installations destinées à la détente, banquette de repos et, surtout, bain chaud, dans lequel on pouvait s’immerger partiellement ou en totalité. Une fois son parcours d’hygiène achevé, une dernière étape attendait le baigneur.

Il pouvait se délassait dans un des deux bassins d’eau froide, situés dans une pièce en abside (frigidarium). Les sols, comme les parois des différentes salles étaient recouverts de fines plaques de marbre.

Vue du bassin froid – C.Bost, 2021

Vue du praefurnium – C.Bost, 2016

Le système de chauffage de l’air comme de l’eau s’articulait autour du local technique du praefurnium. Là, l’eau qui alimentait le bain du caldarium était au préalable chauffée dans une chaudière posée au-dessus du foyer. Le circuit d’air chaud se faisait quant à lui, par convection, en partant du foyer vers les sous-sols des pièces, au sol suspendu (hypocauste), avant de remonter le long des murs dans un système de doubles-cloisons (tubuli).

En complément et afin de permettre la montée en température de la pièce la plus chaude des Bains, un foyer secondaire flanqué l’étuve côté nord.

Par la suite, après que les Bains eurent cessé de fonctionner, certains espaces furent réoccupés dès la fin du Vème s., principalement dans la partie nord et réunies à un ensemble centré sur une grande salle absidiale identifiée comme un lieu de culte chrétien. L’ancien tepidarium se trouva alors réaménager en fournil, avec la construction d’un imposant four à coupole dans son angle sud-ouest.

Vue aérienne des bains est (O. Henry, 2025)